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Le phénomène Obama

 Il m’est impossible de voir le monde qui se galvanise autour de Barack, sans être ému. Cette émotion est due essentiellement à la diversité de ce monde composite dont il est ardu de discerner la couleur, ce monde que Barack s’est montré capable de réunir.

 Barack attire les hommes de toutes les couleurs, brisant ainsi les barrières artificielles sur lesquelles ont longtemps reposés les liens communautaires ici aux USA. Voir ces communautées qui se sont, pour longtemps, situées aux antipodes les unes des autres faire fi de leurs différences pour s’unir autour d’une cause commune derrière Obama, est un véritable phénomène. Ce phénomène est devenu évident parce que la stratégie de la machine Obama a marché.

 La stratégie a bien fonctionné parce que l’équipe Obama s’est refusée à jouer la carte de la race. Barcak a refusé de se présenter comme le candidat noir. Bien que conscient du poids des négroïdes dans le parti des démocrates, il a fait le bon choix de dépasser les clivages ethniques pour se reposer sur son “américanité” tout simplement et sur ses idées. Barack l’a énoncé clairement, cette campagne n’a rien à voir avec la race, le genre encore moins avec l’âge, mais à tout à voir avec le passé et le futur. Mais loin de moi l’idée de vouloir élaborer sur l’agenda politique de Barack, car c’est la connexion entre le rêve de King et ce phénomène dont Barack est le pionnier qui m’intéresse dans cette élection.

 En effet, voir des jeunes, femmes, et vieux de toutes origines accourir pour écouter Barack et voter pour lui pendant ces élections primaires, m’émeut énormémént. En voyant ces foules hétérogènes je me demande intimement si le moment est enfin venu qui sonne le glas de la haine racial entre les Américains. O comme j’aimerais voir s’ouvrir les yeux de tous les hommes pour qu’enfin nous tournions le dos aux complexes infectes et artificiels d’infériorité et de supériorité de race et de culture. O comme j’ai faim et soif de voir disparaître ces stéréotypes arbitraires. Ici aux USA comme ailleurs, on continue de voir le monde en blanc et en noir. Il y a cet effort constant dans les médias de perpétuer une image négative du négroïde. Tout se passe comme si la société humaine dans son ensemble a, pour se maintenir, besoin de renforcer l’idée saugrenue d’une supériorité blanche. Depuis des siècles, pourtant, les négroïdes ont donné au monde la preuve de la capacité intellectuelle qu’on a longtemps refusée de leur reconnaître. A quoi tiennent encore ces clichés d’ignorance, de barbarie, et de pureté qu’on attribue sans raison aux races humaines?

 Barack me donne de l’espoir quant à l’avenir de ce pays. Le rêve de voir tous les fils de ce pays s’asseoir autour d’une même table tout en reconnaissant à chacun sa valeur humaine, est peut-être en train de se réaliser sous nos yeux. Barack, président des Etats-Unis d’Amérique ! La chose est plus que jamais possible. Mais même si le racisme survit à ce terrible coup, Barack sera allé suffisamment loin pour pour donner aux suprémacistes, matière à réflexion.

LES PENSEES DE PASCAL

 

PRESENTATION: LE DECOR DES PENSEES DE PASCAL

(Dr. Stéphane Natan, Rider University, NJ. Romance Quarterly, fall 2006)

L’auteur de cet article soutien que : « L’univers des Pensées se caractérise par son enfermement, son obscurité, et par la sensation de vertige qu’il produit ». Il s’agit pour l’auteur de montrer comment de telles images négatives servent chez Pascal à faire l’apologie du Christianisme.

2- C’est par le moyen de l’approche psychocritique à travers l’interprétation du mythe personnel et le contrôle autobiographique que l’auteur parvient à déceler le sens des images que Pascal utilise pour meubler le décor de son univers.

3- L’auteur ne conteste pas les études menées Philippe Sellier, Michel Le Guern, et Patricia Topliss qu’il cite dans son article. Selon l’auteur : « Si les études Pascaliennes – Philippe Sellier et Michel Le Guern notamment- ont traité des images des Pensées, ces images demandent à être synthétisées et mises en parallèle avec les différents topoï sur l’enfermement et la lumière. » (305). L’auteur s’accorde donc avec les autres textes sur l’œuvre de Pascal.

4- Après avoir énoncé sa thèse, il entreprend d’étudier un certain nombre de thèmes dans l’œuvre de Pascal, qui selon lui servent à démontrer que l’univers de Pascal est un monde Clos et ténébreux. Ainsi, le monde Pascalien se caractérise selon lui par l’ENFERMEMENT, à cause de la récurrence de l’image du monde comme une prison où règne la violence ou celle d’un établissement psychiatrique où les fous sont enchaînés. Selon l’auteur, « Une des caractéristiques principales du monde des Pensées est l’enfermement, le monde devenant tour à tour prison ou hôpital de fou » (306) Une image platonicienne dans laquelle le philosophe perd toutes ses prérogatives qui, chez Pascal, reviennent à Dieu seul. Il s’agit de la Lumière ou Connaissance. L’homme sur terre étant isolé et loin de Dieu devient fou. Le monde Pascalien est aussi caractérisé par l’OBSCURITE selon l’auteur de notre article. La lumière étant donc entendue comme connaissance et la connaissance étant seulement l’apanage de Dieu, l’homme a l’intelligence obscurcie, mais il lui reste une petite par de lumière qui peut, selon Pascal, lui permettre de trouver Dieu commente Stéphane Natan: « Pour Pascal, la lumière, la vraie, ne peut émaner de l’homme, et seule la lumière de Dieu est une lumière susceptible d’éclairer nos doutes » (308). Il existe, cependant, une part de cette lumière divine sur terre, mais elle ne se retrouve, semble-t-il, que chez le véritable chrétien ou l’élu. L’univers Pascalien, Enfin, se caractérise selon l’auteur par le VERTIGE INFINI. Cela vient selon l’auteur, de l’abîme dans lequel Pascal place l’homme et qui fait allusion aux limites et à l’ignorance de l’homme selon l’auteur. Dans cet abîme, l’homme est pris de vertige quand il tente d’ouvrir les yeux sur cette vaste étendue qui l’éloigne de Dieu.

5- Les arguments de l’auteur servent bien sa thèse. a) Les thèmes qu’il choisit d’étudier sont abordés dans un ordre qui permet de suivre son argumentation. b) L’auteur nous apprend au départ que Pascal a emprunté des cliché philosophiques à Platon, Descartes, tout en s’appuyant aussi sur la Bible selon Saint Augustin. Il ne dit presque rien sur les doctrines religieuses qui sou tendent la théorie Pascalienne (le jansénisme) .c) Dans sa conclusion, l’auteur revient sur sa thèse avant d’affirmer : « Aussi, l’univers des Pensées est-il un univers parlant, un univers susceptible de donner à voir, à ressentir, à vivre, le tragique, l’incertain de l’homme et du monde, d’un monde qui vit dans la privation et le délaissement de Dieu, un monde dans lequel seul le chrétien possède un espoir » (312). d) Cette conclusion repose bien sur l’étude des thèmes de l’enfermement ou l’idée de prison que constitue le monde pour l’homme. Elle repose aussi sur le fait que dans ce monde l’homme est dans un abîme, privé de la lumière véritable et enfin, sur le vertige produit par un tel abîme. e) Cette lecture Pascalienne est selon l’auteur, différente de l’entendement Platonicien de l’univers dans l’allégorie de la caverne. Le point de vue de l’auteur sur la violence des images de Pascal est partagé par Sellier, cité à la page 312. f) L’auteur ne dit pas ce qui motive son approche théorique.

CRITIQUE: On note avec regret dans cette étude, un mélange de doctrine Jésuite et Janséniste. Or, les jésuites et les Jansénistes sont divisés sur la question du Libre Arbitre. L’auteur, cependant, lie le « clair-obscur » au libre arbitre qui donne à l’homme sans Dieu la liberté de chercher Dieu ou de le rejeter (310). Ma question est la suivante : Si Dieu, selon Pascal, demeure dans le clair-obscur qui est un état intermédiaire entre la lumière complète et la nuit complète, comment est-ce que l’homme dont la raison est incapable de percer ce voile, pourrait-il être libre de trouver Dieu, s’il n’est pas un élu ?

Vidjé M Kobou